Mourvèdre

HISTOIRE

L’histoire du vin est aussi un histoire de pèlerinage. Le plus important est celui de Compostelle, la Camino. Beaucoup d’information et de patrimoine génétique a emprunté cette route et le mourvèdre en fait très certainement partie. Originaire de l’Espagne, probablement dans la région de Valence, c’est probablement un pèlerin de retour de Saint-Jacques-de-Compostelle qui a ramené un greffon et introduit le cépage en France dans le 16ième siècle.

Le mourvèdre c’est parfaitement acclimaté à ce nouveau terroir jusqu’à devenir le cépage dominant de la Provence. Après la crise du Phylloxéra, il fut délaisse au profit de cépages plus productifs et acceptant mieux d’être greffés. À partir des années 1960, la sélection de plants de qualité a permis au mourvèdre de retrouver la faveur des vignerons du pourtour méditerranéen.

Le mourvèdre occupe environ 120.000 hectares dans le monde durant les années 1990-2000. La plus grande surface revient à sa patrie d’origine, l’Espagne (Valencia, Almansa, Jumilla, Yecla, et Alicante) où il représente 110.000 ha. L’autre grand pays producteur est la France où il est cultivé dans les vignobles du Languedoc-Roussillon, de Provence et de la vallée du Rhône. Sa culture est en augmentation ; elle est passée de 600 à 9.200 ha de 1958 à aujourd’hui.

PHYSIONOMIE

– Extrémité du jeune rameau très duveteuse
– Jeunes feuilles bronzées
– Les rameaux ont un port dressé avec des entre-nœuds rougeâtres
– Feuilles adultes orbiculaires entières ou trilobées. Le sinus pétiolaire est ouvert en lyre et les dents sont longues ou moyennes à bords droits. Le limbe est plat et velu face inférieure.
– Les grappes sont moyennes à grosses. Les baies noires, de taille moyenne, de forme sphérique, sont couvertes d’une pruine abondante.

Le mourvèdre a fait l’objet de prospections en France, afin de constituer une collection de variabilité génétique. Au sein de cette collection, quinze clones ont été admis, dont six sont significativement multipliés.

Il est sensible aux acariens, aux cicadelles, à l’esca et à la pourriture acide. En revanche, il craint moins la pourriture grise et l’excoriose.

DEGUSTATION

Coloré, corsé, structuré, Tannins serrés. Arômes de poivre et de fruits noirs (cassis, mûre), garrigue, laurier. En vieillissant apparaissent des touches de truffe, de cuir, de fruits confiturés (pruneau, mûre et myrtille), gibier et épices.