Côtes du Rhône

7000 domaines produisent 4,5M hectolitres de vin sur une superficie de 73000 hectares avec un rendement moyen de 51 - 60 hl/ha. Le climat est continental à méridional

Issue de l’affrontement entre le Massif Central et les Alpes, la vallée du Rhône est une fosse d’effondrement qui fut comblée par la Méditerranée. Il y a 300 millions d’années, l’activité volcanique du Massif Central produit la roche granitique du nord. Au sud, se succèdent les dépôts fluviatiles et marins, notamment calcaires, qui formeront les reliefs comme les Dentelles de Montmirail – véritable barre de calcaire découpée en feston – ou le Mont Ventoux. Il y a 40 millions d’années, le surgissement alpin fait s’effondrer la vallée qui sépare les deux massifs. Le Golfe alpin ainsi créé est engloutie par la Méditerranée qui y dépose progressivement installe un socle de calcaire dur et de marne. Plus tard, la fermeture du détroit de Gibraltar entraîne une importante baisse du niveau de la Méditerranée, ce qui provoque un creusement du lit du fleuve, créant ainsi des terrasses fluviales sur le flanc de la vallée et mêlant les différents apports dans les sols des pentes : sables, argile à galets siliceux. Aujourd’hui, les sols sont constitués de quatre types de roche : granite, silice sablonneuse, calcaire et argile. Cette roche mère joue un rôle essentiel dans la régulation de l’alimentation en eau de la vigne. Elle donne surtout leurs arômes et leurs goûts aux vins du Rhône.

Au IVe siècle avant notre ère, à l’époque grecque, la vigne est cultivée à Marseille. Au nord de la Vallée du Rhône, elle se développe à partir du 1er siècle après JC… et le vignoble fait alors concurrence aux vignobles italiens. C’est à cette époque par exemple qu’est construite la villa gallo-romaine du Molard, la plus importante cave de Vignification romaine identifiée à ce jour près du Rhône à Donzère. C’est à cette époque que se développent également les ateliers d’amphores de la région – destinées au transport des vins et sauces de poisson. Ce sont ces amphores (dolia, jarres), qui permettent de témoigner de la présence de grès et de sable dès cette époque, comme à Chusclan, Tresques, ou dans le massif de la Cèze et de la présence d’argile (céramiques argileuses à Saint-Laurent des Arbres, Sauveterre…). Ces découvertes archéologiques, alliées à une étude historique, prouvent que le vignoble rhodanien est antérieur à bien d’autres. Les Romains, qui remontent le Rhône, créent la ville puis le vignoble de Vienne qui fait l’objet immédiatement d’une grande renommée. Ils mènent de grands travaux : défonçage, plantation de la vigne et construction de murettes soutenant les terrasses…. Et donnent, les premiers, l’impulsion d’un vignoble commercial. L’effondrement de l’Empire Romain porte cependant un coup au développement du vignoble, soudain privé de débouchés, sauf pour les vignobles proches des ports de la Méditerranée et du vignoble du Rhône septentrional, qui approvisionne Lyon. Au Moyen-âge, c’est l’influence de l’Église qui permet à la viticulture de redémarrer.

Au XIIIème siècle, le Roi de France Louis VIII cède au Pape Grégoire X le Comtat Venaissin. Dès le XIVème siècle, installés à Avignon, les Papes, amateurs des vins de la région, œuvrent à la plantation d’un important vignoble autour d’Avignon. Jean XXII, deuxième des sept papes Avignonnais fait bâtir une résidence d’été à Châteauneuf du Pape. Benoît XII, le troisième, lance la construction du Palais des Papes. Plus tard, à la fin du XVIIème siècle et durant 200 ans, le port de Roquemaure (Gard) devient un grand centre d’expédition par voie fluviale. La « Côste du Rhône » est alors le nom d’une circonscription administrative de la Viguerie d’Uzès (Gard) dont les vins sont réputés. Une réglementation intervient en 1650 pour garantir leur provenance et leur qualité. Ce n’est qu’au milieu du XIXème siècle que la Côste du Rhône devient les Côtes du Rhône en s’étendant aux vignobles situés sur la rive gauche du Rhône. La notoriété, acquise au fil des siècles, est validée par les Tribunaux de Grande Instance de Tournon et d’Uzès en 1936.

Attachée à la qualité de ses vins, la Vallée du Rhône a joué un rôle actif dans la naissance des appellations viticoles françaises. Dans les années 1930, le visionnaire Baron Le Roy devient le Héros de l’appellation. Vigneron à Châteauneuf du Pape, il porte la reconnaissance des caractéristiques de cette appellation, et obtient la dénomination de l’Appellation d’Origine Contrôlée en 1933. Le cahier des charges présenté constituera par la suite le modèle de tous les décrets d’AOC : délimitation de l’aire d’appellation, cépages, usages, méthodes culturales, degré alcoolique minimal, vendange. Son action porte aussi sur les Côtes du Rhône, dénomination ancienne finalement consacrée. Le Baron le Roy participe ensuite à la création de l’INAO, qu’il présidera de 1947 à 1967. Depuis lors, l’accession à l’AOC et la garantie de qualité constituent une motivation collective pour tout le vignoble.